vendredi 24 avril 2015

Mesa redonda y debate sobre el concepto HISPANIDAD


Mesa redonda y debate sobre distintos puntos de vista del concepto HISPANIDAD en la actualidad, en el Hogar Social Madrid Ramiro Ledesma el 11 de abril de 2015.

Pour écouter le débat: 




 

dimanche 12 avril 2015

Sur Leopold Ziegler

ZieglerSur Leopold Ziegler

25 novembre 1958 : Mort à Überlingen, sur les rives du Lac de Constance, du philosophe traditionaliste allemand Leopold Ziegler. Né à Karlsruhe en 1881, il deviendra, en Allemagne, l’exposant de la « Tradition primordiale », mais avec un succès plus mitigé que Guénon en France ou Evola en Italie.

Pour Ziegler, les traditions religieuses, métaphysiques et culturelles trouvent toutes leur origine dans une « révélation primordiale » du divin (eine Ur-Offenbarung des Göttlichen). Dès la fin de ses études secondaires et universitaires, Ziegler demeurera fidèle à cette vision et ne cessera plus jamais de l’approfondir. Les initiés savent que cette Tradition existe, écrivait-il, qu’elle forme une unité derrière l’apparente prolixité des phénomènes. En 1951, on lui octroie le titre de docteur honoris causa de l’Université de Marburg (Faculté de théologie). Dans les années 50, avec Walter Heinrich, il tente de généraliser la « méthode traditionnelle » et de défendre la « Tradition intégrale ».

On connaît moins son rôle dans les années 30, au moment de la montée en puissance du mouvement national socialiste. Ami et éminence grise d’Edgar Julius Jung, il avait rédigé un ouvrage capital en deux volumes, Das heilige Reich der Deutschen (Le Saint Empire des Allemands), qui avait amorcé sa notoriété dans les milieux conservateurs. Jung s’en était inspiré dans son ouvrage sur la domination des hommes de moindre valeur (Herrschaft der Minderwertigen). En mai 1934, Jung, surexcité, lui fait part de son projet d’assassiner Hitler et de prendre sa place, pour sauver le pays du désastre. Ziegler tente de le dissuader en avançant l’argument suivant : « L’union en une seule personne de l’assassin politique et du Guide suprême ne peuvent conduire le peuple et l’Empire qu’à la ruine ». Jung est assassiné lors de la nuit des longs couteaux, fin juin 1934. Ziegler échappe sans doute au même sort, grâce aux bons offices de quelques amis suisses, qui le mettent à l’abri des escouades vengeresses lancées par Hitler aux trousses de ses adversaires.

Notons enfin qu’à la fin des années 50, peu avant sa mort, Ziegler participe au lancement de la revue Antaios, fondée par Ernst Jünger, Julius Evola, Mircea Eliade et Ziegler lui-même. Cette revue, interrompue dans sa parution, sera reprise par le philologue classique belge Christopher Gérard en 1992, qui fera paraître une quinzaine de numéros, notamment, entre 1992 et 1998, avec le concours du peintre surréaliste Marc Eemans, ancien éditeur d’une revue de haute tenue, Hermès (parue entre 1933 et 1939). Eemans avait été sollicité par Jünger et Ziegler pour participer au projet. Jünger donnera son aval à Gérard.

► Robert Steuckers.
• bibliographie : œuvres disponibles en allemand.
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ZieglerLeopold Ziegler peint par Karl Hofer (Badische Landesbibliothek, Karlsruhe). Ziegler a réfléchi à la fois sur les notions d'Empire et de Tradition, mêlant dans une synthèse sublime une approche du bouddhisme, une réflexion sur l'Imperium Europæum, sur l'esprit européen, sur l'apolonisme de notre continent et sur les divinités maternelles des mythologies européennes. Impérial et non néo-nationaliste, Ziegler est à rapprocher d'Evola, de qui il se distingue par son culte "féministe" de la Muttergottheit. Le Saint-Empire de la natiion germanique est, pour Ziegler, ancré dans l'histoire des migrations, elles-mêmes présidées par la divinité Wotan, divinités sans repos, toujours en marche ou en quête. Mais arrivés à Rome, les Germains héritent de la lourde tâche de réinstaurer la pax romana. Pour Ziegler, celle-ci ne peut se faire que par une collaboration intense entre tous les peuples du continent : « Sur un continent doté d'une structure historique comme la nôtre, jamais une seule nation ne pourra prétendre exercer une prépondérance politique sur l'ensemble de toutes les autres. C'est là un axiome pour le présent comme pour l'avenir »


http://ekladata.com/vouloir.eklablog.com/perso/Pictures/orname10.gif

♦ Recension : J. Hanns Pichler (éd.), Briefwechsel Walter Heinrich - Leopold Ziegler, Vienne, Gesellschaft für Ganzheitsforschung, 2005.

Hanns Pichler, éditeur de ce livre est le successeur du professeur Heinrich, soit en tant que directeur de la Gesellschaft für Ganzheitsforschung soit en tant que Professeur à l'Université d’Économie de Vienne. La correspondance entre Heinrich et Ziegler est particulièrement intéressante pour le lecteur français car tous deux sont au nombre des écrivains allemands qui se sont intéressés à René Guénon et à la pensée traditionnelle et l'ont fait connaître en Allemagne. Leopold Ziegler est d'ailleurs l'auteur du premier essai en langue allemande sur René Guénon.

Walter Heinrich était aussi ami de Julius Evola mais était spécialement lié d'amitié avec Leopold Ziegler. Dans ses lettres il l'appelle souvent « cher père Ziegler ». On ne doit pas s'attendre à des grandes découvertes dans cette correspondance (il ne s'agit que des lettres de Heinrich à Ziegler, car on n'a retrouvé, après le décès de Heinrich, que deux lettres de Ziegler qui ont déjà été publiées ailleurs).

Malgré tout, on y découvre quelque chose de plus sur le fond de la pensée personnelle des deux amis de la Tradition. Plus de cent notes de Hanns Pichler sont essentielles pour éclairer ces découvertes qui décrivent avec un vrai souci du détail les personnes mentionnées dans les lettres et leurs environnements particuliers.

À la fin du volume se trouvent encore quelques fac-similés. Le livre a été édité avec l'aide financière de la Fondation Leopold Ziegler. Étant donné que cette brochure ne comporte ni l'adresse d'un éditeur, ni même un n° ISBN on ne peut guère la trouver dans les librairies. Les personnes intéressées peuvent s'adresser directement au professeur Hanns Pichler, Gesellschaft für Ganzheitsforschung -Augasse 2-6, A - 1090 Vienne (Autriche). Le coût est de 10 €.

► Hans Thomas Hakl, Politica Hermetica n°21, 2007.

mercredi 8 avril 2015

La figure du Katechon chez Carl Schmitt


La figure du Katechon chez Carl Schmitt


CarlSchmitt


Dans sa Théologie politique (1922), la figure du katechon est celle qui, par son action politique ou par son exemple moral, arrête le flot du déclin, la satanisation totale de ce monde de l’en-deçà. Catholique intransigeant, lecteur attentif du “Nouveau Testament”, Schmitt construit sa propre notion du katechon au départ de la Deuxième Lettre aux Thessaloniciens de Paul de Tarse. 

Le Katechon est la force (un homme, un Etat, un peuple-hegemon) qui arrêtera la progression de l’Antéchrist. Schmitt valorise cette figure, au contraire de certains théologiens de la haute antiquité qui jugeaient que la figure du katechon était une figure négative parce qu’elle retardait l’avènement du Christ, qui devait survenir immédiatement après la victoire complète de l’Antéchrist. 

Schmitt fonde justement sa propre théologie civile, après avoir constaté cette différence entre les théologiens qui attendent, impatients, la catastrophe finale comme horizon de l’advenance de la parousie, d’une part, et, ceux qui, par le truchement d’une Theologia Civilis tirée en droite ligne de la pratique impériale romaine, veulent pérenniser le combat contre les forces du déclin à l’œuvre sur la Terre, sans trop se soucier de l’avènement de la parousie. Les sociétés humaines, politiques, perdent progressivement leurs valeurs sous l’effet d’une érosion constante. 

Le katechon travaille à gommer les effets de cette érosion. Il lutte contre le mal absolu, qui, aux yeux de Schmitt et des schmittiens, est l’anomie. Il restaure les valeurs, les maintient à bout de bras. Le Prof. Fabio Martelli a montré comment la notion de Katachon a varié au fil des réflexions schmittiennnes: il rappelle notamment qu’à l’époque de la “théologie de la libération”, si chère à certaines gauches, où un Dieu libérateur se substituait, ou tentait de se substituer, au Dieu protecteur du statu quo qu’il avait créé, Schmitt sautait au-dessus de ce clivage gauche/droite des années 60-70, et aussi au-dessus des langages à la mode, pour affirmer que les pays non-industrialisés (du tiers-monde) étaient en quelque sorte le katechon qui retenait l’anomie du monde industriel et du duopole USA/URSS. 

Finalement, Schmitt a été tenté de penser que le katechon n’existait pas encore, alors que l’anomie est bel et bien à l’œuvre dans le monde, mais que des “initiés” sont en train de forger une nouvelle Theologia Civilis, à l’écart des gesticulations des vecteurs du déclin. C’est de ces ateliers que surgira, un jour, le nouveau katechon historique, qui mènera une révolution anti-universaliste, contre ceux qui veulent à tout prix construire l’universalisme, arrêter le temps historique, biffer les valeurs, et sont, en ce sens, les serviteurs démoniaques et pervers de l’Antéchrist.

(résumé de Robert Steuckers de l’intervention du Prof. Dr. Fabio Martelli – Université d’été de la FACE, 1995 ; ce résumé ne donne qu’un reflet très incomplet de la densité remarquable de la conférence du Prof. Fabio Martelli, désormais Président de Synergies Européennes-Italie).